• Une expo Bowie, ben oui !

    Du 3 mars au 31 mai, la Philharmonie de Paris propose une exposition entièrement vouée à l’œuvre de David Bowie. Ziggy, on l’appelait Ziggy…

     

    "Beau, oui, comme Bowie" chantait jadis Isabelle Adjani sous influence gainsbourienne. Il faut reconnaître que ça n’a pas vraiment changé. Depuis presque cinquante ans, cinq décennies si on préfère, mister David Robert Jones a su conserver une classe et une aura intactes. Artiste multi-protéiforme, sorte de vampire surdoué, capable de digérer modes et courants et de les réinventer à sa manière, il a traversé les époques avec un aplomb et une créativité peu communs dans un monde du rock d’ordinaire prompt à ressasser tics et clichés.

    Du jeune gandin des Konrads, son premier groupe, au quasi sexagénaire de The Next Day, son dernier album, David Bowie a alterné rôles, défroques, maquillages, expériences musicales et avatars cinématographiques, tout en restant lui-même. Androgyne, astronaute, dandy, alien, laborantin, mime, icône, gentleman, à la

    En lire plus »de Une expo Bowie, ben oui !
  • Lesley Gore : la fête est finie...

     L’interprète de “It’s my party”, énorme tube des années 60,  s’est éteinte hier à l’âge de 68 ans. Si elle était célèbre aux USA, on la connaissait surtout chez nous à travers les reprises de ses chansons.

    Star et lycéenne. Lesley Gore avait à peine 16 ans quand elle devint numéro 1 des charts aux Etats Unis : la chanson “It’s My Party”, décrivant les affres d’une adolescente voyant son petit ami disparaître avec une autre pendant sa fête d’anniversaire, fit un tabac chez les teen-agers de l’époque… jusque chez nous : le sémillant Richard Anthony en enregistra une version française intitulée, il fallait y penser, "C’est ma fête".  La chanson connut plus tard de multiples reprises, dont celles de Dave Stewart et d’Amy Winehouse.

    Un tube produit par Quincy Jones (futur mentor du King of Pop), qui vit dans cette petite collégienne pétillante une graine de vedette pop. À…justes titres : à partir de 1963, Lesley Gore, chantre des tourments amoureux, petite fiancée romantique et espiègle de

    En lire plus »de Lesley Gore : la fête est finie...
  • Cymatique : regardez, c'est de la musique !

    Dessiner des fleurs, des animaux ou des formes géométriques sans crayon ni pinceau, sculpter à volonté sans burin, est désormais possible : il suffit d’écouter de la musique…

    Le phénomène ne date pas d’hier : Léonard de Vinci et Galilée s’y intéressaient déjà et, à la fin du 18ème siècle, le physicien allemand Ernst Chladni l’étudia plus concrètement au moyen d’un archet et d’une plaque métallique.  La cymatique (du grec cyma, vague), terme inventé dans les années soixante par le scientifique suisse Hans Jenny, est l’art de rendre les sons visibles et, mieux, de sculpter la matière grâce aux vibrations sonores.

    Les ondes sonores peuvent traverser indifféremment les matières gazeuses, liquides ou solides, par exemple sable, verre ou eau, et dessiner des formes, parfois géométriques du plus bel effet. En gros, plus la fréquence sonore est élevée, plus les figures ainsi produites sont complexes.

    Cette découverte scientifique est utilisée couramment dans l’étude du langage des dauphins,

    En lire plus »de Cymatique : regardez, c'est de la musique !
  • Tribute albums : Hommages, ô désespoirs !

    De Renaud à Dutronc, en passant par Aznavour, Goldman ou Ferrat, les “albums hommage” pullulent depuis quelque temps. Mode passagère ou opération marketing ?

    C’est la nouvelle manie showbiz. Prenez un artiste populaire, une gloire locale de préférence d’âge vénérable, et faites réenregistrer ses vieux tubes par une cohorte de chanteurs plus jeunes et vaguement reconnaissants. Parfois avec la participation et en général avec la bénédiction (si toujours vivant) de l’artiste concerné. Façon de réactualiser et de rentabiliser à nouveau les titres du temps jadis, ce qui, en meilleur français, se résume par faire du neuf avec du vieux.

    Double jackpot : ça peut faire repartir le back catalogue (en bon franglais) de l’artiste en question et ça fait de la pub (toujours bonne à prendre) pour les interprètes qui se sont prêtés (?) à l’exercice.
    C’est vrai, le principe du “tribute album” (en pur anglais) ne date pas d’aujourd’hui. Mais, comme les comédies musicales, la formule connaît des retours de

    En lire plus »de Tribute albums : Hommages, ô désespoirs !
  • Demis Roussos : de la pluie et des larmes

    Demis Roussos, l’enfant d’Aphrodite, le colosse à la voix d’airain, s’est éteint dans la nuit de samedi à dimanche à Athènes.

    Funeste coïncidence. Au moment où son pays connait une véritable révolution politique, Demis Roussos, sans doute l’un des artistes grecs les plus célèbres dans le monde, s’est éteint. A l’annonce de cette triste nouvelle, les souvenirs affluent. Car seul ou avec son groupe, ce chanteur-bassiste au gosier singulier aura longtemps bercé les amateurs de romances aussi sucrées qu’efficaces.

    Quelques jours avant les évènements de mai 68, un étrange morceau, mi rock progressif mi musique classique, résonnait dans les transistors : adapté du Canon de Pachelbel, sur des paroles de Boris Bergman (le futur complice de Bashung), "Rain and Tears" consacra le groupe Aphrodite Child : un trio de musiciens grecs, bloqué à Paris en attente d’un visa pour Londres, et devenu soudain l’un des plus gros vendeurs de disques de la planète.

    Récidivistes : à partir de cet acte de

    En lire plus »de Demis Roussos : de la pluie et des larmes
  • Feu Fowley : le génie inconnu du rock s'est éteint

    Homme de l’ombre et légende underground, artiste, manager, cinéaste et producteur, Kim Fowley, décédé la semaine dernière, est à l’origine de tout un pan de l’histoire du rock’n’roll. De Slade aux Runaways en passant par Kiss, retour sur un parcours mouvementé.

    Kim qui ? Fowley, à la folie. Si son nom est peu connu du grand public et même des amateurs de rock, ce dandy excentrique a néanmoins joué un rôle quasi omniprésent, sur scène ou en coulisses. A partir de 1959, on ne compte plus ses collaborations avec des artistes aussi divers que Cat Stevens, Frank Zappa, John Lennon, Soft Machine, ou Alice Cooper.

    Mais c’est avec les Runaways, groupe pionnier de rock féminin qui comptait en son sein (?) la pétillante Joan Jett, qu’il va vraiment asseoir sa réputation de producteur au milieu des années 70, notamment grâce au tube “Cherry Bomb”.

    Celui qu’on décrivait comme “le chaînon manquant entre Orson Welles et Chuck Berry”, et qui aimait à se surnommer The Lord of Garbage (“Le Seigneur de

    En lire plus »de Feu Fowley : le génie inconnu du rock s'est éteint
  • De chouettes chansons pour Charlie

    Depuis la tragédie du 7 janvier, les hommages musicaux n’ont cessé de retentir : artistes pros ou amateurs éclairés, tous unis dans la même émotion. Petit récapitulatif forcément non exhaustif.

    image

    Le premier ? Peu importe. Mais le dénommé JB Bullet, courageux inconnu, fut l’un des plus prompts à réagir, en diffusant sur internet sa chanson “Je suis Charlie”, emprunté à la musique d”Hexagone” de Renaud. Ce qui lui a valu, outre près de trois millions de clics, un passage lors de la soirée hommage diffusée sur France 2, dimanche soir.

    Une soirée “improvisée” qui a surtout vu défiler quelques chanteurs confirmés dans des reprises un tantinet conventionnelles (Souchon, Clerc, Bruel, Ringer, Biolay, Thiéfaine and co… où étaient Higelin ou Lavilliers ?), aux côtés, plus créatifs et adaptés à l’évènement, de Grand Corps Malade et du groupe Tryo, auteur d’un hommage dédié au dessinateur Tignous.

    Sans oublier Francis Lalanne, absent de la soirée, mais qui, guitare au poing, y a été lui aussi de

    En lire plus »de De chouettes chansons pour Charlie
  • Universal et Havas : vivent la musique et les pizzas !

    Lundi dernier, la major Universal et le groupe Havas ont annoncé la création d’un partenariat “musical” et “comportemental” pour mieux cibler les habitudes des consommateurs. Mélomanes souriez, vous êtes surveillés.

    Déjà, le lieu choisi pour l’annonce : Las Vegas, capitale du fric et du jeu, à l’occasion du Consumer Electronic Show, grand raout technologique annuel. C’est là que Yannick Bolloré, pdg de l’agence de communication Havas (comprenez pub), et Lucien Grainge, pdg d’Universal Music Group (comprenez major), ont fait une annonce conjointe, via un communiqué reproduit quasi in extenso par la plupart des médias, sans aucun souci d’explication et de décryptage.

    Extraits choisis : “Le Groupe Havas et Universal Music group (UMG) annoncent la création de la « Global Music Data Alliance” (GMDA). Ce partenariat unique permettra aux experts data et algorithmes du groupe Havas d’agréger, analyser et activer les milliards de données d’UMG. Le résultat créera de nouvelles opportunités de

    En lire plus »de Universal et Havas : vivent la musique et les pizzas !
  • Best of 2014 : les dinosaures résistent !

    L’année musicale qui s’achève, si elle a connu son lot de nouveautés et de succès (de Pharrell Williams à travers la planète à Christine and the Queens chez nous), a été surtout marquée par le retour ou le maintien d’artistes confirmés, anciens, âgés, voire carrément antédiluviens. Les ancêtres du rock persistent et signent.  Bon présage ou mauvais signe ?

    image

    Pas question ici de maugréer que c’était mieux avant et que le rock n’est plus ce qu’il était. Pourtant, force est de constater qu’en cette première décennie et demie du XXIème siècle, ils sont toujours là. Bon pied, bon œil, bon riffs. Certes, l’année aura connu aussi de tristes disparitions, de Bobby Womack à Johnny Winter, de Paco de Lucia à Manitas de Plata, de Jack Bruce à Joe Cocker. Mais qui aurait cru qu’en cette année deux-mille-quatorze, on continuerait de célébrer des musiciens rescapés des seventies, voire des sixties ? (cliquez sur les noms pour accéder aux vidéos)

    A commencer par le vénérable et inamovible Leonard

    En lire plus »de Best of 2014 : les dinosaures résistent !
  • Joe Cocker, le plombier qui faisait des tubes

    L’interprète de “With a Little Help from my Friends”, ou de “Unchain my Heart”, s’est éteint hier, à l’âge de 70 ans. Retour sur le parcours d’un vocaliste hors pair.

    Finalement, ils ne sont pas légion les grands interprètes du rock. Ceux qui,  pour être incapables de pondre une note ou d’écrire une strophe, n’en transcendent pas moins n’importe quelle chanson à la force du gosier. Comme Elvis Presley, Joe Cocker (même s’il cosigna à ses débuts quelques morceaux) était de ceux là. Un formidable chanteur, un ténor à la voix d’ogre et aux mimiques électriques : personne n’a oublié son historique prestation, un après midi d’août 1969, sur la scène du festival de Woodstock. Même les inconditionnels des Beatles durent en convenir: l’ami Joe réussissait à faire la pige à ses copains Lennon/McCartney, avec son épique version de “With a Little Help from my Friends”.

    Avec l’aide de ses amis, voilà une formule qui pourrait résumer la carrière de ce natif de Sheffield, Yorkshire, Angleterre, qui

    En lire plus »de Joe Cocker, le plombier qui faisait des tubes

Pagination

(118 articles)